Devenir père sans modèle : l'histoire de Somsac

Tu veux savoir ce que personne ne te dit sur la paternité ?

Que tu n'es pas prêt. Que tu ne sauras pas. Et que c'est normal.

Somsac, père de trois garçons, a accepté de raconter son parcours dans le podcast Gardiens de la Naissance. Sans filtre. Sans héroïsme. Juste sa vérité.

Devenir père quand tu n'as jamais eu de père

Somsac a perdu son père à 5 ans. Il n'a jamais connu le rôle du père. Pas de modèle. Juste des oncles, des hommes autour. Des fragments.

Il a toujours voulu avoir des enfants. Mais ça lui faisait peur. Parce qu'il ne savait pas comment on fait.

Il m'a dit : "Je voulais être père, mais je n'ai jamais connu le rôle du père. Je ne l'ai vu qu'à travers mes oncles. Je n'ai jamais eu de repères fixes."

Alors il s'est dit que ça viendrait. Que ce serait instinctif.

Spoiler : non.

Les fausses couches : un deuil invisible

Avant la naissance de son premier fils, sa compagne a fait deux fausses couches.

Somsac pensait que ça ne le toucherait pas autant. Que c'était trop tôt pour s'attacher.

Mais il s'était déjà projeté. Il avait déjà choisi un prénom.

Et quand c'est parti, il a senti le vide.

Sauf que personne ne lui a demandé comment il allait.

On s'est occupé de sa femme. Pas de lui.

Il m'a dit : "On se soucie beaucoup du ressenti de la femme. Mais le père, on l'oublie complètement. On ne se dit pas que l'homme puisse souffrir à ce niveau-là. Et en fait, si, on souffre aussi."

Alors il a fait ce qu'on attend des hommes : il a encaissé. Il a coupé son ressenti. Il s'est dit qu'il devait être fort pour elle.

Mais en dedans, il portait ce deuil.

Pour la grossesse suivante, il est resté méfiant. Il ne s'est pas autorisé à être heureux à 100%. Il attendait que chaque étape passe pour se dire "là, peut-être, je peux y croire un peu plus".

La vraie joie n'est revenue qu'à la naissance.

Neuf mois d'attente en se disant "tous les jours, on pourrait le perdre".

En maternité : l'impuissance

Pour le premier accouchement, Somsac et sa compagne avaient un projet clair : accoucher de manière plus naturelle, sans péridurale, en position libre.

En maternité, ils ont pu le faire. Mais sans soutien réel.

Les sages-femmes les ont laissés faire, mais dans une posture de surveillance. Pas d'accompagnement. Plutôt une attitude de "si vous faites une connerie, on sera là".

Somsac m'a dit : "On avait l'impression de sortir du cadre. On ne sentait pas d'approbation. C'était plus 'faites-le, mais si ça tourne mal, on rattrapera'."

Il voulait protéger sa femme. Mais il ne savait pas comment. Il doutait.

Est-ce qu'ils faisaient une erreur ? Est-ce qu'ils mettaient leur bébé en danger ?

C'est ça, l'impuissance. Vouloir agir, mais ne pas savoir comment. Se sentir spectateur de quelque chose qui te bouleverse.

L'allaitement : une violence invisible

Après la naissance, l'allaitement n'a pas démarré comme ils attendaient.

Somsac a vu sa femme épuisée. Il a vu des sages-femmes qui ne savaient pas, qui donnaient des conseils contradictoires, qui ont été violentes dans leur approche.

L'allaitement a duré 48h. Il a dit à sa compagne que ce n'était pas grave, qu'ils passeraient au biberon.

Personne ne leur a expliqué comment réussir ni que l'allaitement pouvait repartir une fois rentrés chez eux.

Sa compagne l'a vécu comme un échec. Elle en garde des regrets.

Pour le deuxième enfant, ils se sont formés. L'allaitement est parti. Il a duré 3 ans.

Mais pour le premier, il reste cette blessure.

L'alalitement peut prendre quelques semaines à bien se mettre en place

L'accouchement à domicile : retrouver sa place

Pour le troisième enfant, non prévu, ils ont choisi d'accoucher à la maison.

Et là, tout a changé.

Somsac n'était plus spectateur. Il n'était plus à l'écart. Il était pleinement là. Acteur. Présent.

C'est lui qui a réceptionné son fils. Qui a touché sa tête en premier. Qui l'a accompagné du début à la fin.

Il m'a dit : "C'est vraiment moi qui ai touché la tête en premier, qui l'ai accompagné du début à la fin. C'est une autre sensation, une autre expérience."

Tu entends ce qu'il y a derrière ces mots ?

La fierté. La présence. Le sentiment d'avoir enfin pu être pleinement là.

Ce qu'on ne te dit pas

Somsac m'a dit quelque chose qui m'a marquée : "Au début, je me suis dit que ça viendrait, que ce serait instinctif. Et en fait, non. On fait des erreurs. Ce n'est pas instinctif."

On te vend cette idée que la paternité serait naturelle. Que ça viendrait tout seul.

Mais non.

Ce qui est instinctif, c'est de reproduire les modèles que tu as vus. Même s'ils ne sont pas bons. Même s'ils ne correspondent pas à tes valeurs.

Si tu veux faire autrement, tu vas devoir reformater ton cerveau. Déconstruire. Réapprendre. Te battre contre les injonctions, contre la fatigue, contre le manque de soutien.

Somsac m'a dit : "On s'invente tous les jours, ce rôle de père. C'est un combat de tous les jours."

C'est difficile. C'est bouleversant. Et personne ne te prépare vraiment.

Mais c'est aussi une liberté. Celle de choisir quel père tu veux être.

Le message de Somsac

À la fin de notre conversation, je lui ai demandé : "Si tu avais un message pour ta version de toi d'il y a quelques années, qu'est-ce que tu lui dirais ?"

Il a réfléchi. Puis il m'a dit : "Fais ce qui te semble bon. N'écoute pas tout ce que disent les gens. Ils n'ont pas forcément la vérité."

Voilà.

Tu n'as pas besoin d'être parfait. Tu n'as pas besoin de tout savoir. Tu as juste besoin d'être présent. D'écouter. De te réinventer tous les jours.

👉 Écoute l'épisode complet avec Somsac ici – il raconte tout ce qu'on ne dit jamais sur la paternité.

Photos : Dicson / Unsplash, Wren Meinberg / Unsplash

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