Je suis une femme. Une mère. Et je vais te partager ce qui a transformé notre expérience de la naissance.
Mon mari s'est préparé. Pas pendant des semaines. Pas avec des tonnes de cours.
Une BD lue en une soirée. Quelques podcasts écoutés ensemble.
Ça lui a pris peut-être 3 heures en tout.
Ça a changé notre accouchement. Et notre post-partum.
Pendant l'accouchement, j'ai pu partir complètement dans ma bulle. Me sentir en sécurité. Lâcher prise. Parce qu'il savait ce qui se passait, ce dont j'avais besoin, comment me protéger.
Pendant le post-partum, quand j'avais l'impression de devenir folle, il comprenait. Il ne paniquait pas. Il était mon ancre.
Et aujourd'hui, je veux partager avec toi ce qu'il a compris.
Tu sais qu'une femme qui accouche doit se déconnecter mentalement ?
C'est physiologique.
Son cerveau rationnel doit se mettre en veille. Son cerveau primitif prend le relais.
Elle entre dans une sorte de bulle. Un état presque méditatif.
Si elle reste en alerte - si elle doit réfléchir, analyser, se défendre face au personnel - son accouchement sera plus long et plus difficile.
Pour partir dans cette bulle en toute sécurité, elle doit se sentir totalement protégée.
Et c'est là que tu interviens de manière cruciale. Tu deviens son bouclier :
Tu rappelles ses souhaits au personnel
Tu protèges son espace, son intimité
Tu poses les questions à sa place
Tu filtres ce qui n'est pas urgent
Tu lui permets de tout lâcher
Mon mari a compris ça en lisant la BD "La Naissance". Pour la première fois, il a vraiment visualisé ce qui se passait dans mon corps et dans ma tête pendant l'accouchement.
Le post-partum, c'est intense.
Ta partenaire va vivre :
Des variations hormonales énormes
Des nuits totalement hachées pendant des semaines
Des doutes constants sur ses capacités
L'impression parfois de "devenir folle"
Un moment elle pleure de joie. Une heure après, elle est frustrée. Elle se demande si elle est une bonne mère. Le soir, elle a peur de faire mal au bébé tellement elle est épuisée.
C'est normal. Ce n'est pas une fragilité. C'est la physiologie.
Et ton rôle, c'est de :
Comprendre ce qu'elle traverse sans paniquer
Être stable quand elle a l'impression de perdre pied
Ne pas chercher à "régler" ses émotions
Lui rappeler que c'est normal et que ça va passer
La soutenir concrètement (tâches, présence)
Mon mari a vraiment intégré ça en écoutant un témoignage d'un père dans un podcast, comme ceux que tu peux écouter dans le podcast "Gardiens de la Naissance".
Entendre d'autres hommes parler ouvertement de leurs doutes, de leurs peurs, de ce qu'ils avaient vécu... ça l'a aidé à se préparer émotionnellement.

On parle beaucoup de ce qui va changer pour ta partenaire.
Mais toi aussi, tu vas être profondément transformé.
Tu vas :
Voir la femme que tu aimes dans une vulnérabilité absolue
Te sentir parfois impuissant face à sa douleur ou ses doutes
Douter de toi-même : "Est-ce que je fais bien ?" "Suis-je un bon père ?"
Être épuisé par les nuits hachées
Parfois te sentir exclu de leur relation fusionnelle
Avoir des peurs que tu n'oseras peut-être pas exprimer
Si tu gardes tout ça pour toi, ça va te ronger. Et votre couple va en souffrir.
Je ne vais pas te faire la morale. Juste une observation.
Nous, les femmes, on a souvent le réflexe de chercher du soutien, de parler de nos émotions, de demander de l'aide quand ça ne va pas.
Toi, on t'a peut-être répété toute ta vie :
"Les hommes ne pleurent pas"
"Les hommes sont forts"
"Un homme doit gérer seul"
Résultat : les hommes sont beaucoup moins nombreux à chercher du soutien émotionnel.
Mais devenir père, ce n'est pas "gérer" comme un projet professionnel.
C'est accepter d'être transformé. Chamboulé. Vulnérable.
Je ne vais pas te dire qu'il faut suivre 50 heures de cours. Même mon mari n'a pas fait ça.
Voici ce qui a fonctionné pour lui :
Drôle, facile à lire, pas moralisatrice
Se lit en une soirée max
Ça lui a fait visualiser concrètement ce qui se passe pendant l'accouchement
Il a compris pourquoi mon besoin de sécurité était crucial
Des témoignages de pères authentiques
Pas de théorie, juste du vécu réel
On a écouté 2-3 épisodes ensemble tranquillement
Entendre d'autres hommes parler vrai l'a vraiment aidé
3. Des conversations honnêtes entre nous
J'ai partagé mes peurs
Il a partagé les siennes
On a parlé de ce dont j'allais avoir besoin
On a construit notre projet de naissance ensemble (2 pages)
Total : environ 3-4 heures de préparation.
Résultat : une expérience transformée.
Apprends ses souhaits par cœur :
Construisez ensemble un projet de naissance (même simple : 1 page)
Sache ce qui est important pour elle
Quelles interventions elle accepte ou refuse dans quelles conditions
Pose les bonnes questions au personnel :
"Est-ce vraiment urgent ou peut-on attendre ?"
"Quels sont les risques si on attend ?"
"Y a-t-il des alternatives à cette intervention ?"
Protège son espace :
Fais tampon entre elle et l'extérieur
Parle bas, limite les va-et-vient
Permets-lui de rester dans sa bulle
Sache reconnaître les vraies urgences :
Certaines interventions médicales sont nécessaires et c'est intelligent de faire confiance aux professionnels dans ces cas (mais il faut avoir étudié le sujet un minimum avant)
Ton rôle n'est pas de refuser toute intervention, mais de t'assurer qu'elle est vraiment nécessaire
Les variations hormonales sont énormes :
Pas de petites sautes d'humeur, mais des montagnes russes émotionnelles intenses
Elle peut passer du rire aux larmes en quelques minutes
C'est normal. Ce sont les hormones, pas elle.
Elle a besoin de soutien, d'encouragement, pas de solutions :
Quand elle te dit "je n'y arrive pas", ne dis pas "mais si tu vois"
Écoute. Valide. "C'est dur. Tu fais du mieux que tu peux. Tu es extraordinaire. Je suis là."
Ne cherche pas à régler ses émotions
Fais les tâches concrètes (ou délègue) :
Ménage, repas, courses, logistique
Mais ne lui enlève pas son rôle de mère (sauf si elle te le demande)
Un équilibre à trouver entre soutien et autonomie (lui faire confiance pour qu'elle gagne confiance en tant que mère)
Toi aussi tu peux craquer :
Tu vas être épuisé, tu vas douter
Parle-en (à elle, à d'autres pères, à un psy si besoin)
Demander de l'aide n'est pas une faiblesse. C'est de l'intelligence.
Surveille les signes de dépression post-partum car c'est fréquent :
Tristesse persistante (> 2 semaines)
Perte d'intérêt pour le bébé ou anxiété excessive
Pensées de se faire du mal ou de faire du mal au bébé
Si tu vois ces signes, encouragez-la à consulter rapidement
Si tu te prépares un minimum, tu vas plus facilement :
Te sentir vraiment utile pendant l'accouchement (pas juste spectateur passif)
Comprendre ce qu'elle traverse en post-partum
Être un vrai soutien pour elle
Créer un lien fort avec ton enfant dès le début
Vivre cette transformation en équipe avec ta partenaire
Te sentir légitime dans ton rôle de père
Et elle, elle va se sentir protégée, comprise, soutenue.
Ce travail peut sauver votre couple.
La Naissance en BD, de Lucile Gomez
La Naissance d’un père, d’Alexandre Lacroix
La Matrescence, épisode bonus avec Clément, celui qui a marqué mon mari lors de sa propre préparation
Voilà ce que je veux que tu retiennes : mon mari a investi environ 3 heures. Et ça a transformé notre expérience de la naissance et du post-partum.
Une BD. Quelques podcasts. Des conversations honnêtes.
C'est tout. Et ça change tout.
Tu n'as pas besoin de devenir un expert. Tu dois juste comprendre l'essentiel :
Ce qui se passe dans son corps et sa tête
Pourquoi ton rôle est crucial
Comment la soutenir concrètement
Quand demander de l'aide professionnelle
Tu as le pouvoir de transformer cette expérience pour ta famille.
Cet article t'a été utile ? Partage-le avec d'autres futurs pères. Entre nous, partageons nos expériences - ça aide énormément.
Photos : Vander Films / Unsplash, Rdne / Pexels
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