Quels seraient tes 5 conseils pour un futur père ? J'ai répondu à cette question pour France 3. Voici la vidéo - et juste en dessous, je développe chaque piste pour ceux qui veulent aller plus loin."
Pour commencer, je n'aime pas le mot "conseil". Quand on devient parent, les conseils arrivent de partout, souvent non sollicités, parfois contradictoires, rarement adaptés à ta situation. Ils viennent de la belle-mère, du copain qui a eu un enfant il y a dix ans, du médecin qui a trente secondes à t'accorder, d'internet à 3h du matin. Et au final, ils font plus de bruit que de bien.
Ce que je veux partager ici, c'est autre chose. Ce sont des pistes. Des explorations. Des choses qui, dans mon travail avec Gardiens de la Naissance, changent vraiment la trajectoire des pères - et donc des familles entières.
Parce qu'un père bien préparé, c'est une mère mieux soutenue, un bébé mieux accueilli, un couple qui résiste mieux au séisme des premières semaines. Ce n'est pas romantique, c'est factuel.
Je commence par là parce que c'est le truc le plus simple à mettre en place avec l'impact le plus immédiat.
La Naissance est une bande dessinée. Elle est drôle, accessible, pas moralisatrice. Et elle donne de vraies clés pour comprendre ce qui se passe pendant un accouchement — physiologiquement, émotionnellement — et comment être vraiment utile en salle de naissance, pas juste présent.
Mon mari l'a lue il y a cinq ans. Cinq ans. Et il me sort encore des formules de cette BD. Comme : "enlève les lunettes de la peur et détends-toi." Une phrase. Restée cinq ans. Tu vois le genre d'impact dont je parle ?
L'accouchement peut être un moment de grande puissance pour un père, ou un moment de sidération totale. La différence, souvent, c'est juste d'avoir quelques repères avant d'y entrer.
Je sais que ça peut sembler contre-intuitif. Tu te prépares à accueillir quelqu'un d'autre, pas à faire du développement personnel. Et pourtant.
Se préparer à devenir père, ce n'est pas juste se préparer à accompagner ta partenaire lors de l'accouchement. C'est d'abord un travail intérieur. Parce que la naissance d'un enfant remue des couches profondes. Elle fait remonter des choses. Des souvenirs, des émotions, des traumas parfois — souvent au pire moment possible.
Alors je te propose quelques questions à poser tranquillement, avant :
Comment tu es né, toi ? Est-ce que tu le sais seulement ?
Comment as-tu été éduqué ? Qu'est-ce que tu veux reproduire ? Qu'est-ce que tu refuses de répéter ?
Quelles sont tes valeurs fondamentales ? Celles que tu veux transmettre à ton enfant ?
Comment tu te sens émotionnellement, là, maintenant ? Est-ce qu'il y a des tensions, des zones floues, des choses que tu es incapable d'exprimer ?
Si tu sens en lisant ces questions qu'il y a quelque chose qui coince — un nœud, une résistance, un blanc — c'est maintenant qu'il faut creuser ou aller voir quelqu'un. Un psy, un thérapeute, un accompagnant, peu importe l'étiquette. Avant que ton bébé soit là. Pas après.
Si tu veux creuser en autonomie, tu peux commencer par le pack "Débugge ton code parental". Un livret et une méditation guidée pour explorer ton passé et transformer ta paternité.
Plus tu es stable émotionnellement, aligné avec toi-même et tes valeurs, plus tu vas pouvoir être un pilier — pour ta partenaire, pour ton enfant, et pour toi.

Le projet de naissance, c'est le document qu'on rédige pour exprimer nos souhaits pour l'accouchement. Pas de péridurale, clampage tardif du cordon, peau à peau immédiat, lumière tamisée, musique — tout ce qui compte peut y figurer.
Souvent, ce document est écrit par la maman. Souvent, il est remis à la maternité et... oublié dans un dossier.
Ce que la plupart des couples ne réalisent pas, c'est que le jour J, la seule personne capable de défendre ce projet de naissance, c'est toi.
Ta partenaire sera dans un état de concentration, d'effort, de vulnérabilité totale. Elle ne sera pas en position de négocier avec l'équipe médicale. Toi, si.
Mais pour ça, il faut que tu le connaisses par cœur. Il faut que tu comprennes pourquoi chaque souhait est là, que tu maîtrises les arguments, que tu saches poser des questions respectueuses mais fermes si quelque chose n'est pas respecté. L'article L1111-4 du Code de la santé publique garantit le droit à un consentement éclairé — c'est une base sur laquelle tu peux t'appuyer.
Pour commencer ce travail, tu peux explorer le générateur de projet de naissance.
Être gardien du projet de naissance, ce n'est pas être le gardien de barrage. C'est être le gardien de ce que vous avez décidé ensemble, dans le calme, avant.
Finir la chambre. Monter les meubles. Acheter le siège-auto. Tout ça, c'est bien. Mais ce n'est pas préparer le post-partum.
Préparer le post-partum, c'est anticiper les ressources humaines dont vous allez avoir besoin dans les semaines — et parfois les mois — qui suivent la naissance.
Concrètement :
Les personnes de confiance qui peuvent passer avec un plat cuisiné, sans qu'on ait à les gérer émotionnellement (pas juste voir le bébé — vraiment aider)
Une prestation de ménage ponctuelle ou hebdomadaire
La livraison de courses ou de repas pour les jours où bouger du canapé est déjà un exploit
Le soutien d'une doula post-natale, si vous en avez les moyens et l'envie
Ton congé paternité, bien sûr — et si possible le congé parental en complément pour prolonger ta présence
Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête. Les études sont claires : plus un père est présent dans les premiers mois, moins il y a de dépression post-partum, moins il y a de séparations, plus le lien père-enfant est solide. Ce n'est pas de la culpabilisation. C'est juste que ta présence a un impact réel, mesurable, durable. Et que cette période-là ne se rattrape pas.
À la maternité, on va sûrement te proposer de couper le cordon. C'est un geste devenu presque rituel, une façon d'inclure le père dans un moment qui, historiquement, ne lui laissait pas grand rôle.
Je te propose quelque chose de différent.
Au lieu de couper, prends le cordon dans ta main. Sens-le battre.
Tant qu'il bat, il transfère au bébé des nutriments stockés dans le placenta — du fer, notamment, qui peut faire une vraie différence pour sa santé dans les premiers mois. Le clampage tardif est recommandé par l'OMS depuis 2012, et pourtant il est encore loin d'être systématique dans toutes les maternités.
En tenant ce cordon, tu deviens le gardien de l'intégrité du corps de ton enfant. Tu empêches qu'on le coupe avant qu'il cesse de battre. Tu accueilles ton bébé avec tes mains, pas avec des ciseaux.
C'est une posture. Une posture magnifique pour commencer.
Ces cinq pistes ne sont pas des cases à cocher. Elles disent quelque chose de plus grand : que ton rôle en tant que père commence maintenant. Pas en salle d'accouchement. Pas quand le bébé rentre à la maison. Maintenant.
Et le seul vrai "conseil" que je puisse te donner — parce que là, oui, j'en donne un — c'est d'apprendre à t'écouter. Ton intuition de nouveau parent est là. Elle est juste. Chaque bébé est unique, et il n'y a que vous, ses parents, pour sentir ce qui lui va, ce qui ne va pas, ce dont il a besoin.
Fais confiance à ça.
Tu veux aller plus loin ? Regarde l'interview complète sur France 3 en haut de cet article, ou découvre Gardiens de la Naissance — un défi pensé pour les futurs pères qui veulent traverser cette période avec conscience et sérénité.
Photos : Laura Garcia / Pexels, Mart-Production / Pexels
Tu veux aller plus loin dans ce défi qui est celui de devenir un véritable gardien de la naissance de ton bébé ? Commence par le premier audio gratuit.
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