On vous dit "soyez présents".
Mais personne ne vous dit comment.
On vous dit "vous verrez bien le moment venu, pas besoin de vous préparer".
Et puis le moment vient. Et vous vous retrouvez complètement démunis.
On vous vend l'idée que la paternité, c'est instinctif. Que ça viendra naturellement.
Que vous saurez quoi faire quand votre bébé naîtra.
Mais c'est faux.
Ce qui est instinctif, c'est de reproduire les modèles que vous avez vus. Même s'ils ne sont pas bons. Même s'ils ne correspondent pas à vos valeurs.
Si vous voulez faire autrement, vous devez vous préparer. Comprendre. Déconstruire.
Et personne ne vous le dit.
Dès le début de la grossesse, votre compagne est sur-médicalisée.
Échos, prises de sang, contrôles en permanence.
On lui parle de risques sans arrêt. Risque de fausse couche. Risque de prématurité. Risque de diabète.
Et vous, vous êtes là, impuissant, à essayer de la rassurer alors que tout le système lui dit qu'elle est en danger.
Vous sentez qu'elle est stressée. Vous voulez l'aider. Mais vous ne savez pas comment.
Parce que personne ne vous a vraiment préparé à ça.
Vous préparez un projet de naissance avec votre compagne.
Vous vous renseignez. Vous en parlez. Vous vous dites que vous allez défendre ce projet.
Et puis vous arrivez en maternité.
Et là, vous découvrez que votre avis ne compte pas vraiment.
Que les protocoles sont rigides. Que les équipes sont débordées. Que personne n'a vraiment le temps d'écouter votre projet.
Vous vous sentez spectateur. Impuissant.
Comme Somsac, père de 3 enfants, qui raconte dans le dernier épisode de Gardiens de la Naissance : "On sentait qu'on sortait du cadre. On ne sentait pas d'approbation. C'était plus 'faites-le, mais si ça tourne mal, on rattrapera'."
Vous voulez protéger votre compagne. Mais vous ne savez pas comment.
Parce que personne ne vous a préparé à affronter le système.
Après la naissance, l'allaitement démarre. Ou pas.
Votre compagne souffre. Elle a des crevasses. Des engorgements. Elle est épuisée.
Les sages-femmes donnent des conseils contradictoires. Certaines sont violentes dans leur approche.
Et vous, vous ne savez pas comment l'aider.
Somsac raconte : "On a eu des sages-femmes qui ne connaissaient pas grand-chose, qui nous ont mal conseillé, qui ont été assez violentes avec ma femme qui était fatiguée."
L'allaitement a duré 48h. Il a dit à sa compagne que ce n'était pas grave, qu'ils passeraient au biberon.
Personne ne leur a dit comment réussir ni que l'allaitement pouvait repartir une fois rentrés chez eux.
Cette information aurait tout changé. Mais personne ne la leur a donnée.

Une visite à J+6, puis une visite post-natale à 6-8 semaines.
Mais ces visites, c'est pour le bébé. Pas pour elle. Pas pour vous. Pas pour votre couple.
On pèse le bébé. On vérifie sa courbe. Son développement.
Mais elle ? Comment va sa cicatrice si elle a eu une césarienne ? Comment va son périnée ? Ses douleurs ? Son sommeil ? Son moral ?
Et vous ? Comment allez-vous ? Comment vivez-vous ce post-partum ? Votre couple tient le coup ?
Personne ne vous le demande vraiment.
Si elle a eu une césarienne, c'est encore plus scandaleux : on vient de lui faire une chirurgie abdominale majeure, et on la renvoie chez vous sans suivi de la cicatrice, de la douleur, de sa récupération physique, de son état émotionnel.
Pendant ce temps, vous naviguez à vue. Vous vous occupez du bébé. Vous gérez les nuits hachées. Les doutes. Les pleurs.
Et si vous osez dire que c'est difficile, on vous répond que "c'est normal, c'est comme ça avec un bébé".
Comme si normal voulait dire acceptable.
La reprise du travail : la culpabilité
Vous reprenez le travail au bout de quelques jours ou quelques semaines.
Vous laissez votre compagne seule avec le bébé.
Vous vous sentez coupable.
Coupable de partir. Coupable de ne pas être là. Coupable de ne pas pouvoir tout gérer.
Et si vous voulez prendre un congé parental pour rester plus longtemps, on vous dit que c'est possible.
Mais c'est 428€ par mois.
Comment êtes-vous censés vivre avec ça ? C'est encore moins bien rémunéré que le RSA !
Le mode de garde : laisser son bébé avec des inconnus
À 10 semaines, votre compagne reprend le travail. Normalement vous l'avez anticipé, tellement on vous dit que c'est difficile de trouver une place.
Mais vous finissez par laisser votre bébé de 10 semaines avec quelqu'un que vous venez de rencontrer.
Ce n'est pas une critique des professionnel.le.s de la petite enfance. Beaucoup font un travail formidable dans des conditions difficiles.
Mais c'est une réalité factuelle : vous confiez votre bébé à quelqu'un que vous ne connaissez pas.
Somsac dit : "C'était un déchirement au cœur. Je me suis dit : c'est moi qui m'en occupe à 100%, donc ce n'est pas normal de laisser une inconnue s'en occuper alors que je suis capable de le faire."
Mais vous n'avez pas forcément le choix.
Notre société ne se contente pas de ne pas vous soutenir
Elle vous rend la vie dure. Elle augmente les tensions, les difficultés, les risques, tout en prétendant faire le contraire.
Elle vous dit "soyez présents" sans vous donner les outils pour l'être.
Elle vous dit "soutenez votre compagne" sans vous expliquer comment.
Elle vous dit "tout ira bien" alors qu'elle met des obstacles partout.
Mais vous pouvez faire autrement.
Vous pouvez vous préparer. Vous informer. Trouver votre place. Devenir un gardien actif de cette naissance.
👉 Écoute l'épisode complet avec Somsac ici – il dit tout ce que vous ressentez peut-être sans oser le formuler.
Parce que oui, les pères aussi subissent ce système violent.
Parce que oui, il est possible de se préparer, de trouver sa place, de faire autrement.
Parce que oui, vous avez le droit de dire que ce n'est pas normal.
Photos : David Veksler / Unsplash, RDNE / Pexels.
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