Aujourd'hui j'ai envie de te raconter une histoire qui m'a scotchée pendant ma grossesse.
J'ai une copine italienne qui attendait un bébé exactement au même moment que moi. On comparait nos ventres, nos symptômes, nos dates de terme. Sauf qu'un jour, elle me dit un truc hallucinant : sa maternité en Italie lui avait donné une date de terme avec dix jours d'écart par rapport à ce que sa maternité française lui avait annoncé quelques semaines plus tôt.
Dix. Jours.
Tu imagines ? La même grossesse, le même bébé, mais selon le pays où tu fais calculer ta date, tu peux avoir plus d'une semaine de différence.
Pourquoi je te raconte ça ? Parce que dans la plupart des maternités, quand tu "dépasses" ton terme de quelques jours, la pression pour un déclenchement commence à monter. Rendez-vous de monitoring, discussions sur l'induction, stress qui augmente...
Et là, on parle de dix jours de marge selon... quoi ? Le pays ? L'échographiste ? La formule de calcul utilisée ?
Ça m'a fait réaliser qu'il y avait un énorme décalage entre ce qu'on présente aux femmes enceintes comme une vérité absolue et la réalité scientifique.
Voici ce que j'ai appris en étudiant le sujet pendant 5 ans, en échangeant avec des dizaines de sages-femmes, médecins, et surtout en recueillant des centaines de témoignages de couples :
Elle a une marge d'erreur reconnue scientifiquement de ±2 semaines. Seuls 5% des bébés naissent pile le jour prévu. 5% !
Même l'échographie du premier trimestre, qui est pourtant notre meilleur outil de datation, a une marge d'erreur incompressible de ±5 jours. Et 25% des embryons sortent de la marge standard de ±3 jours.
Ça veut dire quoi concrètement ?
Que si ta compagne est "en retard" de 3 jours, il est tout à fait possible que le bébé soit exactement à l'heure... mais que la mesure initiale ait eu +3 jours d'erreur.
Ou que son cycle n'était pas de 28 jours pile ce mois-là.
Ou qu'elle a ovulé un peu plus tard à cause d'un rhume ou d'un coup de stress.
Le calcul est basé sur un cycle régulier de 28 jours. Mais toutes les femmes n'ont pas des cycles réguliers. Toutes n'ont pas des cycles de 28 jours. Et même avec un cycle habituellement stable, un simple facteur de stress peut décaler l'ovulation.
Quand les femmes se sentent obligées de mentir
Tu sais ce que j'ai découvert qui m'a vraiment mise en colère ? Certaines femmes ne donnent plus la vraie date de leurs dernières règles à leur gynécologue. Elles mentent. Elles ajoutent quelques jours volontairement.
Pourquoi ? Pour se protéger de la pression du déclenchement si leur bébé a besoin de quelques jours de plus, en cas de dépassement de cette fameuse date du terme.
Parce qu'un déclenchement, ce n'est vraiment pas anodin. Ça augmente significativement le risque de césarienne, ça rend souvent le travail plus douloureux, ça nécessite plus d'interventions médicales.
Des femmes en sont arrivées à mentir à leur équipe médicale pour protéger leur corps et leur bébé. Ça devrait nous alerter collectivement, non ?

Mais ce n'est pas pour te raconter tout ça que je t'écris aujourd'hui.
Je t'écris parce que tu as un rôle absolument crucial à jouer dans les jours qui précèdent cette fameuse date du terme. Et pas seulement le jour de l'accouchement.
La plupart des hommes ne le savent pas. Mon compagnon ne le savait pas à l'époque. Mais maintenant que je l'ai vu de mes yeux, que j'ai étudié la physiologie, que j'ai recueilli des centaines de témoignages... je sais que c'est vrai.
Laisse-moi t'expliquer pourquoi.
Pour qu'un travail démarre naturellement, le corps de ta compagne a besoin de sérénité.
Ce n'est pas du développement personnel, de la pensée positive ou du yoga prénatal bien-être. C'est de la physiologie pure et dure.
Quand elle est stressée, anxieuse, sous pression, son corps produit du cortisol et de l'adrénaline. Ces hormones du stress freinent directement la production d'ocytocine.
Or, l'ocytocine, c'est l'hormone de l'accouchement. C'est elle qui déclenche les contractions, qui fait progresser le travail, qui permet que tout se passe bien.
Stress → moins d'ocytocine → travail qui ne démarre pas ou qui stagne.
C'est un mécanisme de survie ancestral. Si un animal sent un danger (= stress), son corps met le travail en pause pour qu'elle puisse fuir. Chez l'humaine, c'est pareil. Le stress dit au corps : "Ce n'est pas le bon moment."
Tu vois où je veux en venir ?
Le rendez-vous à la maternité où on commence à parler de déclenchement = stress.
Toi qui tournes en rond à la maison en regardant ton téléphone toutes les 5 minutes = elle le sent, et c'est du stress.
Sa mère qui appelle trois fois par jour pour demander "alors, toujours rien ?" = stress.
Chacun de ces éléments freine son ocytocine. Et donc retarde le début du travail. Cercle vicieux.
Alors concrètement, qu'est-ce que tu peux faire ?
Je sais, ça peut sembler contre-intuitif. Voire égoïste.
Mais écoute : si toi-même tu n'es pas apaisé, si toi-même tu stresses, si tu n'as pas confiance dans sa capacité à accoucher... elle va le sentir.
Les femmes ont une antenne ultra-sensible à la fin de la grossesse. Elle va capter ton anxiété, tes doutes, tes peurs. Même si tu ne dis rien. Peut-être surtout si tu ne dis rien.
Et devine quoi ? Ça va impacter directement son ocytocine. Donc son accouchement. Donc la naissance de votre enfant.
C'est pour ça que c'est ta responsabilité de t'occuper de tes propres peurs et angoisses concernant l'accouchement. Et c'est normal d'en avoir ! La plupart des hommes en ont.
Mais ne les dépose pas sur elle. Elle doit pouvoir rester dans sa bulle, concentrée sur ce qui se passe dans son corps.
Lis, échange avec d'autres pères, suis une préparation spécifique pour les hommes, fais-toi accompagner si besoin. Commence ce travail dès le début de la grossesse, pas la semaine du terme.
2. Deviens son bouclier
Dans ces derniers jours, tu peux devenir le filtre entre elle et toutes les sources de stress.
Avec la maternité : Gère les échanges toi-même. Évite de lui transmettre leur pression si elle n'est pas justifiée médicalement. Pose des questions : "Pourquoi proposez-vous un déclenchement maintenant ? Quels sont les critères médicaux qui l'indiquent ? Peut-on attendre quelques jours de plus en surveillance ?" Demande du temps pour réfléchir avant toute décision.
Avec la famille : Mets les limites clairement. Appelle ta mère, ta belle-mère, les oncles et tantes. Dis-leur gentiment mais fermement : "On vous donnera des nouvelles quand ce sera le moment. D'ici là, on a besoin de tranquillité. Merci de ne pas appeler tous les jours."
Ce rôle de gardien, de protecteur de son espace de sérénité, c'est peut-être le plus important que tu auras jamais à jouer.
3. Crée activement les bonnes conditions
Même sans stress extérieur, rester dans l'attente passive n'aide pas.
Ce qui aide vraiment ? Profiter de ces derniers moments ensemble. Pour de vrai.
Pas "passer le temps en attendant que ça démarre". Mais vraiment profiter.
Connexion. Tendresse. Rires. Des moments qui vous font du bien à tous les deux. Des repas qu'elle adore. Du mouvement doux qui lui fait plaisir. Tout ce qui nourrit son bien-être et donc son ocytocine.
Mais attention : Si tu fais tout ça mécaniquement, juste pour que "ça marche", pour que le travail se lance... vous retombez exactement dans le stress et l'attente. Et l'ocytocine chute.
L'enjeu c'est de vraiment vous déconnecter de cette attente. De profiter de ces moments pour ce qu'ils sont.
Je sais, c'est subtil et pas facile. Mais c'est crucial.
Ce n'est pas de la pression, c'est un pouvoir
Je ne te dis pas tout ça pour que tu te sentes coupable ou sous pression.
Je te dis ça parce que tu as un pouvoir. Un vrai. Sur quelque chose d'aussi important que la naissance de ton enfant.
La plupart des hommes ne le savent pas. Ils pensent que leur rôle commence le jour J, pour tenir la main et couper le cordon.
Mais non. Ça commence bien avant. Ça commence dans ta préparation émotionnelle. Ça commence dans ta capacité à créer un espace de sérénité autour d'elle. Ça commence dans ta confiance en sa capacité à enfanter.
Et ça continue après, mais ça, c'est un autre sujet.
Photos : Jeferson Santu / Unsplash, Mart production / Pexels
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